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 Journal de Maurice Rigor

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Maurice Rigor
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MessageSujet: Journal de Maurice Rigor   Sam 26 Nov - 14:24

Ma vie a pris fin le 2 août 1980. À 10:25 exactement.

Ce matin-là, je me promenais avec ma dulcinée aux abords de la gare de Bologne. Elle débitait des banalités à cent à l'heure comme à son habitude. Je ne l'écoutais que d'une oreille, me contentant de profiter au maximum de cette chaude matinée de vacances. Les premières vacances de ma vie. Mon enfance et mon adolescence n'ont aucune importance. Toutes les conneries que j'ai pu faire étaient derrière moi et je les ai oubliées depuis bien longtemps. Ce jour-là, seul comptait l'instant présent et les petites doses de bonheurs qui accompagnaient les rares moments de silence. Ce matin, jamais je n'aurais pensé que le silence qui suivit me pèserait autant. Je me damnerais pour entendre encore une fois le gazouillis de ma compagne, même pour entendre un reproche. Même pour une dispute.

On ne devient conscient de ce que l'on a que le jour où on ne l'a plus.

Tellement vrai.

Ce matin, j'ai été poussé et puis plus rien. Je me suis réveillé dans une chambre qui puait le désinfectant. J'avais un mal de crâne horrible et l'impression qu'on m'avait nourri avec de la ouate. La première chose qui m'est venue à l'esprit était de ne plus jamais boire le truc que j'avais dû ingurgiter la veille et en grande quantité. Puis une infirmière est entrée dans la chambre et s'est exclamée que je m'étais réveillé. J'ai pensé que j'avais dû sacrément picoler la veille pour finir aux urgences. Un médecin est entré, m'a ausculté puis m'a regardé dans les yeux. Il m'a dit qu'il avait une mauvaise nouvelle pour moi. Que ma fiancée était décédée des suites de ses blessures et que l'enfant qu'elle portait n'avait pas survécu non plus.

Le 10 octobre 1980, j'ai été accueilli en enfer. Deux mois s'étaient écoulés et je n'avais même pas pu assister aux funérailles.


J'ai regagné les États-Unis en novembre, peu après l'élection de Reagan et peu avant le décès de Steve McQuinn. Pourquoi suis-je rentré, je n'en savais rien. Personne ne m'attendait, je n'avais aucune famille et celle de ma fiancée ne voulait pas me revoir, arguant que j'étais la cause de son malheur. C'était moi qui avais choisi la destination de nos vacances. C'est moi qui ai tué leur fille unique...

Je suis rentré chez nous. Chez moi. Je n'ai pas ouvert les volets. Je me suis assis sur notre mon canapé et un peu de poussière a volé dans la pièce, mise en évidence par un rayon de soleil qui filtrait. Puis je suis resté assis. Je ne sais pas combien de temps, mais le rayon de soleil avait fui mon appartement comme il avait fui ma vie depuis peu. Puis on a sonné à la porte. Puis on a frappé à la porte. Pour finir, on a glissé une lettre sous la porte puis des pas se sont éloignés. Je suis resté assis.


Je me suis réveillé courbatu. Je m'étais endormi et étais tombé du canapé, rattrapé par la fatigue et l'épuisement moral. Hébété, je me suis dirigé vers la cuisine dans le but de me faire du café ou tout simplement d'ouvrir le gaz. Je n'avais pas de café. Et pas mal de nourriture avait moisi durant mon absence. Je décidai de sortir pour en boire un ailleurs, l'atmosphère de l'appartement m’oppressant. Je vis une enveloppe à terre et me suis demandé d'où elle pouvait bien provenir. J'ai marché dessus puis suis sorti, laissant la porte ouverte.


Quand je suis rentré, un homme m'attendait chez moi. Il avait ouvert les volets et jeté la nourriture moisie. Il tenait dans sa main une enveloppe avec une trace de pied dessus. Le diable me présentant un contrat d'embauche. Il recrutait parmi les survivants d'attentats pour, disait-il, que cela ne se reproduise plus. Je lui dit que je devais réfléchir, que je devais remettre les choses en place dans ma tête. Il me dit de prendre une décision rapidement car le temps pressait selon lui. Puis il partit, me laissant seul, debout dans le hall, la lettre à la main.


Je me suis décidé le 30 mars. Notre président venait d'être la cible d'un attentat. N'ayant plus d'avenir, je me décidais de consacrer mon temps à la lutte contre les « méchants ». S'ensuivit un entraînement qui aurait découragé l'élite des forces spéciales. Mais la haine qui nous habitait tous nous unissait contre la douleur, les carences et le manque se sommeil. Certaines pilules qui faisaient partie de notre trousse de combat nous aidaient aussi. Je ne pourrais pas dire quels étaient les composants de ces pilules miracle, mais il y a de fortes chances qu'elles aient été à base de méthamphétamine et d'ergométrine. C'était de la vraie saloperie, mais ça nous aidait à survivre dans les pires moments. Et de toutes façons, nous n'avions ni l'espoir, ni l'envie d'arriver à l'âge de la retraite.


Après les entraînement vinrent les missions. Elles nous firent basculer insidieusement du côté de ceux que nous combattions au départ. Pour lutter contre le terrorisme, nous avons menacé, capturé et tué. Pour lutter contre la torture, nous avons utilisé la coercition. Nous avons emmené et séquestré des dizaines de personnes soupçonnées dans une base située au sud-est de Cuba pour les interroger. Personne ne l'a jamais su, et bien que ces exactions soient finies à présent, je crains que l'idée ne soit pas enterrée.


En 1983, alors que le président Reagan se faisait des amis outre-pacifique avec son programme de dissuasion nucléaire, nous avons été envoyés dans un petit village pour débusquer un terroriste qui s'y cachait. Il avait été reconnu comme étant le dernier terroriste ayant participé à la Strage di Bologna. Cette opération de routine a tourné au désastre et je dois dire que j'en ai été partiellement responsable. C'est alors que j'ai décidé de déserter. Après avoir visité de fond en combles la maison de la petite – elle hante encore mes nuits, quand ce ne sont pas mes journées – j'ai pris la décision de ne pas rentrer à la base. J'ai volé quelques affaires et suis parti au hasard. Il m'a mené dans une petite cabane perdue dans une forêt. Quelques détails montraient qu'elle avait été habitée peu de temps auparavant. Je m'y suis risqué et y ai trouvé deux photos qui trônaient sur la cheminée. Sur la première se trouvait la petite famille qui avait habité dans la dernière maison. Sur la seconde, la photo du terroriste, lequel ressemblait fort au père de la gamine, avec une petite fille. Visiblement la même qui se trouvait sur l'autre photo, je ne m'y suis pas attardé. Pour moi, la boucle était bouclée. Il a tué ma famille. J'ai tué la sienne. Maintenant, le premier qui descendra l'autre aura le mérite de faire cesser cette vendetta.


Je ne suis jamais parti à sa recherche. J'ai passé les quinze années suivantes à fuir. Fuir les SPADS tout d'abord, qui voulaient ma peau. La fin de la guerre froide en 1989 a donné naissance aux CleanSPADS, organisme qui a pour but de démanteler le SPADS de manière radicale et définitive. J'ai aussi assisté aux débuts d'internet et de ses bienfaits quand j'ai découvert que mon ADN avait été enregistré dans le fichier national en Grande-Bretagne et que j'avais été classé dans les dix personnes les plus recherchées. Encore heureux que le SPADS ne faisait jamais de photo des « conscrits ». Ce soir, je bois à la perte de mon septième boulot dans ce bistro minable au beau milieu de ce trou pourri qu'est Raccoon City, ville où il ne se passe jamais rien. Une ville à la hauteur de ma vie actuelle. Minable, pourrie et sans attrait. Pourquoi est-ce que je repense à ça maintenant, moi ? Pourquoi je revois ces yeux ? Merde, j'ai soif...


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Isaac Asimov
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Maurice Rigor
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MessageSujet: Re: Journal de Maurice Rigor   Ven 16 Mar - 20:13

Il y a deux mois environ, un type s'est pointé chez moi. Il a habilement forcé la serrure sans rien casser et m'a attendu. Quand je suis rentré, j'étais particulièrement éméché, comme d'habitude... J'ai senti un mouvement dans mon dos, puis, plus rien. Je pense qu'il m'a écrasé les carotides avant de les relâcher d'un coup sec, faisant monter la pression sanguine dans le cerveau d'un coup provoquant mon inconscience. Je le suppose pour l'avoir fait souvent par le passé aux personnes que je devais interroger. Ce coup doit être précis et parfaitement effectué sinon, c'est la mort assurée. Mais j'étais un maître en la matière, et celui qui m'a fait ça en était un aussi.

Je me suis réveillé avec une armada de nains qui s'en donnaient à coeur joie sous ma calotte crânienne. Voulant me masser les tempes, j'ai constaté que mes mains étaient entravées. Cet enfoiré a utilisé des serre-câbles. Pas moyen de m'en sortir. J'étais affalé contre un mur. Levant la tête, j'ai pu apercevoir celui qui allait me tuer après m'avoir fait cracher tout ce que je savais. Il devait forcément m'interroger, sinon, il ne se serait pas donné la peine de me laisser en vie. Il était assis dans mon fauteuil et me regardait émerger. J'entendais l'eau couler dans la baignoire et je savais comment se passerait l'interrogatoire. Il m'a dit qu'il n'était pas là pour un contrat, mais que c'était plus personnel. Je m'en foutais complètement. Je voulais juste que cette vie finisse enfin pour trouver un peu de repos. Il s'est levé et a fermé le robinet. Ensuite, il est revenu et m'a parlé de ma dernière mission. Qu'il était passé dans un petit village peu après un massacre et que j'étais le dernier de l'unité en vie. Il avait retrouvé et descendu chaque soldat de ma section de l'époque. Je me souviens que je me suis demandé pourquoi il s'était donné cette peine, si on avait buté un ou plusieurs membres de sa famille, mais je ne lui ai pas posé la question. De toutes façons, je pense qu'il ne m'aurait pas répondu.

Il a fini par me demander si je souhaitais coopérer de mon plein gré ou s'il fallait recourir à la force. Je lui ai simplement répondu que je voulais bien répondre à une question. Une seule. En échange, je gagnais une balle dans la tête. Il m'a observé. Longtemps. Et a conclu qu'il ne tirerait rien de moi par la torture, alors il a accepté mon marché.

Il m'a demandé pourquoi nous avions tué tous les villageois mais avions épargné le coupable. Car le terroriste était bien celui qui vivait dans la cabane. Je lui ai dit que la mission avait été abandonnée et que j'avais abandonné mon équipe. Que si j'avais découvert cette cabane, c'était par hasard. Que j'ai préféré partir plutôt que de continuer à poursuivre une chimère. Qu'à ce moment-là, j'en ai eu assez de cette vie, que j'avais envie de vivre encore un peu. J'ai déballé mon sac, j'ai dit un peu tout ce qui me passait par la tête, même si beaucoup de choses se contredisaient au final.

Il a hoché la tête, mes réponses ne le satisfaisant apparemment pas. Je crois qu'il ne s'attendait pas à tomber sur une loque alcoolique. Je lui avais donné pas mal de fil à retordre pour me retrouver et il pensait que j'étais le plus malin de la bande. En fait, j'avais juste eu de la chance, c'est tout. Son oeil unique reflétait son désappointement. Il m'a demandé si j'habitais à Raccoon parce que le terroriste que nous avions recherché s'y cachait. Je ne le savais même pas. Je ne le recherchais plus depuis bien longtemps. Mais c'était peut-être lui qui m'avait retrouvé. Quoi qu'il en soit, que je dusse mourir de sa main ou de celle du terroriste, le résultat était le même pour moi.

Je levais les yeux et lui demandais d'honorer sa part du contrat puisque j'avais répondu à sa question. Il a acquiescé et s'est levé pour mettre enfin un point final à mon existence. Il a levé son arme et j'ai entendu un coup de feu. Ma tête est partie en arrière et j'ai sombré dans les ténèbres.


Ce soir, je repense à tout ça. Tous ces évènements qui m'ont conduit à Raccoon City pour m'y terrer. Ou m'y enterrer, c'est selon. Ce soir, j'ai rencontré des gens qui ont fait remonter tous ces souvenirs à la surface. Ceux-là, et de plus déplaisants encore...

Une gamine qui m'a donné une impression de déjà-vu alors que je ne l'ai rencontrée nulle part. Un type bâti comme une montagne qui a eu la mauvaise idée de lire ce qui était marqué sur le flingue que je lui ai passé. Un gars qui n'avait pas l'air d'être à sa place dans un bar glauque. Et Kirby. Encore plus con qu'avant. Il avait dû perdre le dernier neurone qui lui restait lors de je ne sais quelle mission. Ensuite, on a été attaqué par les habitants. On se serait cru dans un film de Romero. On s'est carapatés par la cave, mais comme j'avais oublié de refermer la trappe, je suis remonté et j'ai pu m'échapper par la porte arrière. Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête, mais maintenant je me retrouve seul, cerné par des personnes particulièrement inamicales. Va falloir trouver une solution vite fait parce que là, j'ai connu mieux comme situation.


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Maurice Rigor
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MessageSujet: Re: Journal de Maurice Rigor   Sam 17 Mar - 1:31

Il paraît qu'on entend pas le coup de feu qui nous tue.

La nuit était tombée depuis longtemps. J'émergeais. Difficilement. Ma joue me brûlait et Big Ben sonnait les douze coups de minuit dans mon crâne. Un souffle frais a traversé la pièce. Qu'est-ce que je foutais par terre ? J'avais les mains attachées, alors je me suis relevé avec difficulté. J'ai appuyé sur l'interrupteur avec mon épaule. Quand je me suis retourné, j'ai aperçu un cadavre couché sur le ventre dans mon salon. Et là, mes souvenirs sont revenus petit à petit. J'avais vu la lumière sortir de la bouche du canon. Mais j'avais aussi vu le bras du gars bouger avant le coup de feu.

La vitre derrière lui était brisée. Et alors j'ai compris ce qui s'est passé. Un tireur était embusqué dans l'immeuble d'en face et a tiré sur le mercenaire quand il me faisait face. Le choc a dévié son bras et c'est grâce à ça que je suis toujours en vie. La grande question est : sur qui a voulu tirer le sniper ? Sur le mercenaire ou sur moi ? J'étais dans l'ombre et vu la distance de l'immeuble d'en face, pour faire un carton, pas besoin de lunette. Il ne m'a peut-être pas vu et a cru que c'était moi...

Merde, beaucoup trop de questions. La première chose à faire a été de trouver de quoi me libérer. La deuxième, de voir ma gueule dans le miroir. La troisième sera certainement de boire un remontant. Ou alors, je boirai un remontant avant d'aller voir ma gueule. C'était sans doute mieux. Et c'est ce que j'ai fait.

J'ai dégotté un fond de bourbon bon marché que j'ai englouti en deux gorgées. Puis, je suis allé voir le résultat d'une balle de .50 dans le miroir. C'était pas joli-joli mais le sang s'était arrêté de couler. J'ai pensé que j'aurais bien besoin d'un ou deux points de suture. À l'hôpital, j'ai prétexté une rencontre inopinée avec un fer à béton sur un chantier. Comme j'ai payé en liquide, on ne m'a pas trop questionné. Quand je suis rentré chez moi, le cadavre commençait à sentir. Il allait falloir que je m'en occupe.

Je l'ai transporté discrètement dans les montagnes et l'ai enterré. Je lui devais bien ça. On faisait le même sale boulot, ou du moins, un taf qui exigeait de vivre seul. Et bien souvent, de mourir seul. Alors j'ai fait en sorte qu'il ne l'ait pas été totalement été au soir de sa vie. Et j'espère que celui ou celle qui me descendra aura la décence de faire la même chose pour moi, pour autant que le temps ne vienne pas à manquer.

J'ai récupéré son arme, mais je n'ai pas pensé à regarder dessous. Si j'avais vu son inscription, j'aurais pu anticiper les emmerdes qui vont avec. « L » comme Léona ? Sa réaction au bar en a dit long, mais pas assez. Il faudra bien qu'on ait une petite discussion à ce propos. Si c'est elle, alors bien que je n'aie pas tué son père, je suis un peu responsable de sa mort. En tout cas, c'est ce qu'elle en déduira. Et il était sur ma piste pour me tuer. Elle aussi ? C'est confus.


J'ai réussi à échapper à la horde qui me poursuivait en sautant d'un balcon et je me retrouve devant le commissariat. De loin, j'aperçois Léona, Chris et le gars dont je ne connais pas le nom entrer par la grande porte. Je me pose encore la question du pourquoi ce gars a buté toute ma section. Quels sont les liens qui le relie à Léona et qui est ce terroriste qui se trouve à Raccoon ? Et qui a tué le mercenaire, me sauvant la vie ? Sans doute le même homme... Il y a un lien avec la fillette que j'ai tuée dans ce village, c'est sûr. Je vais devoir trouver lequel. Il va falloir que je trouve quelques réponses, et je vais devoir parler à cette furie pour démêler ce sac de noeuds. Et j'avoue que cela ne me ravi pas plus que ça. J'y penserai plus tard car les créatures se rapprochent. Direction le commissariat au plus vite.


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Isaac Asimov
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Maurice Rigor
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MessageSujet: Re: Journal de Maurice Rigor   Sam 31 Mai - 17:52

Depuis ma fuite de Raccoon City, je m'étais mis en tête de déterrer mon passé. Se cacher n'était plus à l'ordre du jour. Depuis que j'avais rencontré Léona et Chris, les fantômes de mon obscur passé étaient reparus. Je m'étais planqué dans un motel et avais fait le point. Premièrement, déterminer le lien entre Léona et le mercenaire qui s'était fait buter à Raccoon et enquêter sur Chris, il paraît trop franc pour être honnête. Deuxièmement, observer les activités d'Umbrella Corp, entreprise pharmaceutique qui employait le scientifique rencontré dans le J's bar de Raccoon. Troisièmement, évaluer le potentiel de dangerosité que représentent ces trois personnages. Et quatrièmement, retrouver le salopard qui est la source de toute cette merde. Et lui faire avaler son extrait de naissance. Lentement si possible.


Je me suis ensuite rendu dans la ville la plus proche du massacre que j'avais aidé à perpétrer il y a de cela bien des années. J'ai pu compulser les archives de tous les villages avoisinants ainsi que tous les journaux et les registres des naissances et des décès en présentant une fausse carte de journaliste. Cela m'a pris un temps fou, surtout que je n'étais pas vraiment doué pour tout ce qui touchait à la bureautique. Ni très patient, ni très logique. Mes recherches partaient un peu dans tous les sens, mais je finis par tomber sur les papiers que je cherchais. Un acte de naissance au prénom de Léona. Ses parents habitaient le petit village - situé à 23 kilomètres d'ici - que ma section avait transformé en cimetière. Son père avait un frère qui était recherché des services de police pour association de malfaiteur, coups et blessures et atteinte à la vie d'autrui. Il avait fait l'armée au sein des troupes de déminage et avait été démobilisé en 1978. Il savait donc manier des explosifs et était certainement capable de faire un carton depuis un immeuble distant de moins de cent mètres sans visée optique.


Le village comptait 195 habitants et 195 personnes avaient péri lors de leur descente. Quelque chose ne collait pas. Léona n'était pas une revenante, alors qui était la 195ème personne qui avait laissé la vie dans ce village ? Pas le terroriste en tout cas, car ses papiers n'étaient pas déposés dans ce village. Mais qui, alors ? J'ai recherché le nombre d'enfants listés, les annonces de disparitions, mais rien ne m'apporta de réponse satisfaisante. 48 enfants, 48 enfants décédés, tous reconnus comme les enfants du village.



Après des jours de recherches infructueuses, j'ai décidé d'aller faire un tour du côté du village. Plus précisément du côté de la cabane qui abritait le terroriste. C'est ce que j'y ai découvert qui m'a amené sur ce foutu rafiot à jouer les bonniches. Mais patience, mon heure viendra.



La cabane était un peu plus délabrée que dans mes souvenirs, mais ne tombait pas en ruine, ce qui prouvait qu'elle était encore habitée ou l'avait été peu de temps auparavant. Je fouillais la cabane de fond en comble sans trouver quoi que ce soit qui ait pu me renseigner sur les activités secrètes de l'habitant. Pas de plans, pas de produits pouvant servir à fabriquer une bombe artisanale, pas d'arme planquée... Rien. Puis, mes yeux se sont posés sur la cheminée et j'ai vu – ou plutôt revu – les photos que j'avais vaguement regardé quelques années auparavant. Et là, toutes les pièces du puzzle se sont mises en place. J'ai sorti la photo qui ne me quittait jamais depuis le jour où j'ai déserté les SPADS et l'ai mise à côté de celle du terroriste et de la petite fille. Elles se ressemblaient vraiment beaucoup. Sauf que la fille que j'avais tué avait les yeux noirs. Et celle qui se trouvait sur ma photo avait les yeux gris-bleus. Léona. J'ai participé au meurtre de sa mère et de son père et j'ai assassiné sa cousine. C'était suffisant pour qu'elle me tue au moins trois fois, et avec des raffinements de cruauté...


Je ne l'avais pas trouvée lorsque j'avais fouillé sa maison, mais je n'avais pas vraiment fait mon travail ce jour-là. Elle était certainement planquée quelque part et avait peut-être assisté au massacre. Peut-être m'avait-elle vu fouiller sa maison. Mais dans ce cas, comment était-ce possible qu'elle ne m'ait pas reconnu dans ce bar ? Non, elle n'avait pas pu me voir. De toutes façons, j'avais une cagoule... Mes pensées sont parties dans toutes les directions suite à cette découverte.


Le bruit d'un moteur me tira de mes pensées. Le terroriste ? Le véhicule s'arrêta et j'entendis une porte s'ouvrir. Puis, une voix de jeune fille s'éleva. Visiblement, elle était contrariée en constatant que quelqu'un squattait déja l'endroit prévu par son copain pour lui retirer son chemisier voire plus si affinités. Effectivement, j'avais garé ma voiture de location devant la cabane, faisant fi de toute prudence. Au moins, j'ai pu savoir que le terroriste avait décampé depuis quelques temps. Je suis sorti leur demander s'ils avaient connu l'occupant de cette cabane. Ils ont secoué la tête, alors j'ai repris ma voiture et ai quitté les lieux.


Je me suis ensuite intéressé au passé de Chris, mais ses états de services étaient irréprochables. Peut-être avait-il plusieurs cadavres, mais ils étaient trop bien planqués. Mes recherches ont fini par me mener à Umbrella Corp. C'est en cherchant comment m'infiltrer dans leur base de données que je suis tombé sur un nerd qui faisait des recherches sur WilPharma. Il se trouvait que l'oncle de Léona était un grand ponte de cette entreprise, laquelle, peu de temps après l'incident de Raccoon City, avait été rachetée par Tricell. Avant qu'il ne se fasse repérer, il avait réussi à télécharger une photo récente. Il avait réuni tellement de documents compromettants à l'époque qu'il avait eu peur des représailles et avait fermé sa gueule.

Spoiler:
 



En y repensant, il y avait certainement des indices qui m'ont échappés dans cette cabane. Ce n'était pas dans mes habitudes, mais j'ai voulu laisser les deux tourteraux vaquer à leurs occupations. Je crois que je deviens plus sensible avec l'âge... Le sol grinçait sous mes pas près de la cheminée... Merde, je ne sais même pas pourquoi je tiens ce journal. Personne ne va le lire...


Retrouvailles, en plein cauchemar...

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